Quand un enfant se ferme et se replie : accompagnement ostéopathique chez un garçon de 9 ans

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Quand un enfant se ferme et se replie : accompagnement ostéopathique chez un garçon de 9 ans
Cas clinique : ostéopathie et sidération émotionnelle chez l’enfant. Retrouver une régulation naturelle.

 

Il arrive parfois qu’un enfant, jusque-là expressif et spontané, change progressivement de comportement émotionnel et relationnel. Les parents décrivent souvent un basculement : un enfant qui parlait, pleurait, se mettait en colère ou exprimait ses frustrations, devient soudain silencieux, distant, immobile. Ce changement inquiète, car il ne s’agit pas seulement d’un “caprice” ou d’une phase passagère : eur enfant semble fermé, inaccessible, absent, comme figé.

 

Dans ce cas clinique, ce jeune garçon enfant ne parvient plus à verbaliser ses émotions, et son corps lui-même semble se verrouiller : il se met en boule, s’allonge au sol, devient mutique et reste dans cet état pendant de longues minutes. Les parents sont démunis, oscillant entre compréhension, patience, fermeté et parfois chantage, sans que cela n’améliore la situation. Ils sentent leur fils différent.

 

Ce type de tableau peut être compris comme une réaction de sidération, c’est-à-dire une réponse neurophysiologique de protection, qui se manifeste par un effondrement de la mobilité corporelle et relationnelle. L’ostéopathie, par une approche globale centrée sur le système nerveux autonome et l’équilibre tissulaire, peut participer à relancer une capacité de régulation interne et redonner à l'enfant un espace de sécurité corporelle.

 

Présentation d’un cas clinique

 

Les parents consultent pour leur fils âgé de 9 ans, dont le comportement a changé progressivement depuis plusieurs mois. Ils décrivent une situation qui devient de plus en plus fréquente, parfois quotidienne, particulièrement les week-ends où les épisodes se multiplient.

 

Avant cette période, ce jeune garçon présentait une régulation émotionnelle classique : il exprimait ses désaccords, pleurait ou criait lors de frustrations, mettait des mots à sa colère ou à sa tristesse, puis retrouvait son équilibre après un temps plus ou moins court. Il restait un enfant joueur, rieur, curieux, moteur dans sa dynamique familiale.

 

Depuis plusieurs mois, lorsqu’un événement déclencheur survient (frustration, conflit, désaccord ou simple contrariété), ce garçon ne pleurait plus, ne parlait plus, et semblait se “couper” du monde. Il s’isolait physiquement, se mettait en boule, parfois à plat ventre au sol, sans bouger. Pendant trois quarts d’heure à une heure, il pouvait rester ainsi figé, silencieux et totalement inaccessible.

 

Les parents ont tenté différentes approches :

  • l’écoute douce, la présence rassurante, le respect du besoin de solitude,
  • l’encouragement verbal à s’exprimer (“je suis là, quand tu veux tu viens”),
  • le rire et la dédramatisation
  • la tentative de recadrage plus ferme,
  • et parfois la menace ou le chantage (“si tu ne parles pas, on n’ira pas à tel endroit”).

Aucune de ces stratégies ne permettait de le sortir de cet état. Plus inquiétant encore, après la “crise”, la communication restait rompue. Cet enfant ne parvenait pas à expliquer ce qu’il ressentait, ni ce qui s’était passé intérieurement. Les parents notaient aussi un changement global : il semblait moins joyeux, moins joueur, plus silencieux, plus fermé.

 

Ils arrivent ainsi en consultation épuisés, avec un sentiment d’impuissance et de perte de lien. Une voisine leur parle de cette approche ostéopathique centrée sur le corps, les émotions et le système nerveux, et ils décident “d’essayer”, sans certitude, mais avec l’espoir de retrouver leur enfant.

 

Observation ostéopathique et premières impressions

 

Dès les premiers instants de consultation, ce jeune garçon donne une impression paradoxale : en apparence, il est calme, posé, presque “sage”, mais quelque chose dans sa posture et son tonus, dans ce qu’il dégage évoque une fermeture avec une respiration discrète, une présence émotionnelle difficile à capter avec un regard parfois fuyant ou figé.

 

Sur le plan perceptif, ce jeune patient semble “scotché”, comme enfermé dans une bulle. L’écoute tissulaire donne l’impression d’un système nerveux autonome en agitation interne. C’est une forme de dissociation corporelle : l’extérieur paraît apaisé, mais l’intérieur est en état de tension permanent et de surcharge.

 

Ce tableau est typique d’un mécanisme de sidération. Le corps n’est plus dans une réponse active de libération de ce qui est vécu (pleurs, agitation, colère), mais dans une réponse d’arrêt : immobilité, mutisme, fermeture. Il ne s’agit pas d’une gestion émotionnelle, mais d’une stratégie de survie inconsciente mis en place par le corps.

 

Il est essentiel de comprendre que l’enfant ne choisit pas cet état. Il n’est pas dans une opposition volontaire. Il est submergé et le système nerveux se fige pour tenir.

 

Objectifs du traitement ostéopathique

 

Dans cette situation, l’objectif ostéopathique n’est pas de “faire parler” l’enfant ni de forcer une libération émotionnelle. L’objectif est de créer les conditions corporelles permettant au système nerveux autonome de quitter l’état de sidération.

 

L’ostéopathie dans ce cadre agit comme un espace d’écoute du vivant : sans demander à l’enfant d’expliquer, le corps est invité à sortir doucement de la fermeture.

 

Première séance

 

Lors de la première séance, l’approche est volontairement douce et lente. Ce garçon semble dans une protection profonde. Toute intervention trop directe pourrait renforcer la fermeture.

 

Le traitement commence par une écoute globale des tissus et des rythmes corporels. L’objectif principal est de ralentir l’activité sympathique du système nerveux, afin d’amener une première « détente » profonde.

 

Je ne cherche pas à interpréter ni à provoquer. Je reconnais corporellement la sidération comme une réponse intelligente du corps, et prend le temps et l’espace pour accompagner au juste tempo la possibilité d’un « relâchement ».

 

Les parents rapportent que les épisodes de repli existent encore, mais sont moins fréquents. Lorsqu’ils surviennent, ils durent moins longtemps. Leur fils revient plus vite à lui-même.

 

Cela montre déjà une première modification du système nerveux autonome : le corps commence à retrouver une marge de manœuvre, une possibilité de sortie.

 

Deuxième séance

 

Trois semaines plus tard, lors de la deuxième séance, les parents rapportent que les épisodes de repli existent encore, mais sont moins fréquents. Lorsqu’ils surviennent, ils durent moins longtemps. Leur fils revient plus vite à lui-même. Cela montre déjà une première modification du système nerveux autonome : le corps commence à retrouver une régulation naturelle qui s’ajuste.

 

Cette deuxième séance permet de poursuivre le travail engagé, ce jeune garçon semble déjà plus accessible corporellement, même si la fragilité reste présente. Le traitement peut alors être plus précis et plus profond.

 

Le but a été de renforcer la stabilité interne, d’affiner la capacité du corps à revenir à un état neutre, et de soutenir la régulation émotionnelle naturelle.

Cette séance agit comme un approfondissement et une consolidation : le système nerveux perçoit qu’il existe une autre voie de régulation que la fermeture complète.

 

Résultats un mois après la deuxième séance

 

Un mois après la deuxième séance, les parents m’envoient un message relatant une transformation nette. Ils disent avoir retrouvé leur enfant “égal à lui-même” : rieur, moteur, engageant. Ils me partagent le fait qu’il recommence à exprimer ses frustrations. Il exprime  quand quelque chose ne va pas. Il pleure à nouveau, ce qui est un signe très positif : les pleurs sont un mécanisme naturel de décharge émotionnelle.

Le plus important est que la régulation émotionnelle semble redevenir fonctionnelle. Ce petit garçon ne se fige plus, ou beaucoup moins. Et surtout, il revient dans la relation., il reste en lien avec son environnement.

 

Ce retour de la parole et du mouvement signifie que le système nerveux autonome a quitté un état de sidération pour revenir vers une réponse plus souple.

 

Ce que ce cas illustre

 

Ce cas met en lumière une dimension essentielle : chez l’enfant, les émotions sont d’abord corporelles. Quand un enfant ne peut plus verbaliser, ce n’est pas forcément un problème psychologique au sens classique. Cela peut être une surcharge physiologique.

 

L’ostéopathie ne remplace pas un suivi psychologique si nécessaire, ni un accompagnement médical si des signes inquiétants apparaissent. Cependant, elle peut être un levier précieux lorsque le corps est “bloqué” dans une réponse d’alarme.

Le traitement agit alors comme un réajustement de terrain : il aide le corps à retrouver de la mobilité, de la respiration, du rythme, et donc de la sécurité.

Quand le corps retrouve sécurité, l’enfant retrouve l’accès à ses propres ressources intérieures comme la parole, les pleurs, l’expression physique, le jeu, les relations...

 

 

Pour finir

 

Chez cet enfant de 9 ans, les épisodes de mutisme et d’immobilité ne relevaient pas d’un simple repli émotionnel choisi consciemment

 

L’approche ostéopathique biodynamique, basée sur l’écoute de l’être dans son ensemble, la douceur, le respect du rythme des tissus et le soutien du système nerveux autonome, a permis progressivement de diminuer la fréquence et la durée des crises, puis de restaurer une capacité de régulation émotionnelle naturelle.

 

Après deux séances, les parents rapportent un retour clair de la vitalité : un enfant plus joyeux, plus expressif, capable de pleurer, de parler, de partager ses frustrations.

Ce cas rappelle que parfois, le corps “parle” avant les mots. Et qu’en accompagnant le corps vers un état de sécurité, on permet à l’enfant de redevenir vivant, présent, et en lien avec lui-même et avec les autres.

 

 

Ludivine DECAUX

Ostéopathe D.O. à Poissy

Ostéopathie Biodynamique

Accomapgnement du stress, des troubles émotionnels et somatiques chez l'enfant et l'adolescent.

Cabient d'ostéopathie à Poissy, proche Saint-Germain-en-Laye, Andrésy, Carrières-sous-Poissy

Prise de rdv sur doctolib.fr ou au 0139111227